Et pendant ce temps-là à Ramallah, Hamas et Fatah se bastonnent
Dimanche 11 janvier 2009Je commence sérieusement à me demander si le Fatah ne cherche pas à tirer profit du génocide de Gaza, pour y prendre la place du Hamas ?
LE MONDE | 10.01.09
A Ramallah, le “jour de la colère” décrété par le Hamas a dégénéré en un jour de la discorde. Vendredi 9 janvier, au lieu de dénoncer d’une seule voix les ravages de l’offensive israélienne à Gaza, les militants des deux mouvements ont fait une nouvelle fois étalage de leur division.
…
Décidé à mener une démonstration de force, le Fatah avait donc recruté des troupes d’un genre particulier. Non pas de simples militants, mais des jeunes, membres pour la plupart des services de sécurité, habillé en civil pour l’occasion et affublés d’une casquette et d’une écharpe à damier noir et blanc. En face, le défilé islamiste, parti de la mosquée de Ramallah, était plus hétéroclite, avec des jeunes mais aussi des femmes et des pères de famille, agitant les couleurs vertes du Hamas.Arrivés à la hauteur du Manara, la place centrale de Ramallah, les deux mouvements se sont d’abord toisés, puis, très vite, les nervis du Fatah sont passés à l’action. Les drapeaux qu’on leur avait distribués se sont transformés en matraques, et les coups ont commencé à pleuvoir sur les militants islamistes. Bousculé au milieu de la mêlée, le visage rouge de honte, un vieil homme en turban s’époumonait : “Mais arrêtez imbéciles, arrêtez donc, vous ne comprenez pas que c’est exactement ce qu’Israël veut !”
Des policiers en uniforme, formés aux techniques de contrôle des foules par la mission d’assistance de l’Union européenne, ont extrait les principaux meneurs du cortège islamiste, tandis que leurs collègues femmes appréhendaient les manifestantes les plus bruyantes. Un homme dont le seul tort était de brandir un portrait de Hugo Chavez, le président du Venezuela, nouvelle idole de la rue arabe depuis qu’il a expulsé l’ambassadeur d’Israël à Caracas, s’est retrouvé le visage en sang.
