Interview du 5aliga le plus célèbre de Tunisie : “le Choco”
Atef Ben Hassine est la révélation du feuilleton “Maktoub” que diffuse la chaîne Tunis 7.
Un feuilleton de Sami Fehri qui a fait l’unanimité auprès des adultes comme auprès des jeunes.
Atef, alias Choco, natif de Chabba, père de deux enfants (Selmane et Rayane) et diplômé de l’Institut supérieur d’art dramatique a su imposer son talent dans ce nouveau projet.
Il connaît aussi bien la caméra que la scène puisqu’il a signé plusieurs mises en scène dont “Copie conforme”.
Par sa recherche d’une scénographie nouvelle et d’un théâtre qui ne soit pas le pâle reflet du réel mais une réelle composition puisant dans le quotidien, Atef a assuré avec Sami Fehri la direction des acteurs.
Il a su tirer son épingle du jeu avec une nouvelle vision des choses et un désir ardent de réussir dans cette nouvelle création.

Bon week-end : Comment s’est tissée cette relation entre Atef Ben Hassine et Sami Fehri
pour la réalisation de ce projet ?
Atef Ben Hassine: J’ai été sollicité par Sami Fehri qui a eu l’occasion de me voir dans “El Theatro”.
Il m’a parlé de son projet qui va réunir une panoplie d’acteurs issus d’horizons variés.
Il m’a chargé de la direction de ces jeunes talents inexpérimentés.
Ce fut pour moi, une nouvelle aventure avec la caméra et un pari que je dois réussir.
Je suis par nature un homme qui aime les défis, qui cherche toujours loin des stéréotypes et des formes figées. Je n’aime pas les choses faciles
• Tâche difficile donc…
Une fois lu le scénario, je me suis mis au travail avec ce désir ardent de relever le défi. Il faut trouver
ces jeunes et à vrai dire, Sami Fehri n’est pas allé chercher très loin. Il s’est visiblement entouré de
jeunes qui appartiennent plus ou moins à son milieu.
D’ailleurs, bon nombre de ces acteurs ont fait leurs études au lycée d’El Menzah. Ma tâche était d’apprendre à ces jeunes les ABC du jeu devant la caméra et de développer leurs potentiels artistiques.
Il faut les initier et les former. Ils ont eu certes le trac au début. Mais une fois sur plateau, ils ont pu faire face à toutes les difficultés. Ils sont convaincus par leur jeu, leur naturel et leur spontanéité. J’étais heureux et soulagé en les voyant s’éclater sur scène.
Ce fut des moments de bonheur quand vous tombez sur des personnes qui partagent avec vous vos idées.
• Ils ont montré du métier et du caractère. Chose qui leur a permis de réussir leur rôle durant les trente épisodes Mais vous avez aussi fait appel à des acteurs chevronnés ?
Amel Safta, Jouda Najeh, Sonia Meddeb, Dhafer Abeddine et Jamel Madani ont beaucoup de talent. Ils
ont enrichi le feuilleton et ont été d’un grand apport pour ces jeunes. Cette collaboration a été enrichissante et cette symbiose entre jeunes et adultes a donné beaucoup d’élan et de réussite à notre feuilleton
• Et comment juges-tu le travail de Sami Fehri ?
C’est un homme audacieux et courageux. Il a réussi son projet. Après “Akher qarar” et “ Dlilek mlak“, il a réussi à mettre, pour la première fois, la casquette de réalisateur. Sami a réalisé son projet dans
un habillage branché et hypermoderne, mais ô combien tunisien.
Il a osé et a pu retenir les téléspectateurs autour de Maktoub avec une nouvelle écriture et un univers fait de beauté et de rêve.
Mais certains hommes de théâtre ont remarqué certaines failles dans la réalisation ?
Je pense que Sami Fehri est sorti des sentiers battus avec une nouvelle vision des choses et un discours poétique qui a mis à nu la société tunisienne.
“Maktoub “ est un spectacle qui a brisé les tabous.
C’est un spectacle qui se veut un diagnostic de la société tunisienne. Cette critique acerbe de la réalité de la jeunesse a permis d’élucider, avec beaucoup d’humour, les mystères d’un univers qui continue à fasciner.
L’interprétation et le jeu des acteurs sont réussis. Et comme tout travail qui se respecte,il se
prête à lectures multiples. Le spectateur établit son propre code.
Aucun travail plus ou moins rigoureux n’échappe à cette règle. Et “Maktoub” a eu l’audace d’aborder certains sujets tabous et critiquer des faits de société dont on parle peu à la télévision comme le racisme, la luxure, la drogue, les relations extraconjugales sans langue de bois.
“Maktoub” sort de ces clichés classiques et nous introduit dans une ère nouvelle de réalisation avec de nouvelles d’images, un excellent décor, et de beaux espaces.
• Tu as joué le rôle de “Choco” dans ce feuilleton. Comment juges-tu ce personnage ?
C’est un personnage dur, vulgaire, agressif qui essaie de s’imposer dans ce milieu des stupéfiants.
Il veut arriver par tous les moyens en choisissant la drogue. Il est toujours en colère car il revendique un statut, un droit à l’existence et à la parole.
• Comment tu t’y es fait ?
C’est un rôle difficile qui exige beaucoup de qualités artistiques car le profil de “Choco” diffère beaucoup des autres rôles et il faut savoir jouer le jeu.
• Mais c’est un personnage qui sait se faire tendre?
Je ne le pense pas et s’il était bon avec Amel (Fatma Baazaoui) il a agi par intérêt car il veut se marier avec cette jeune fille
• Maktoub se veut pertinent en abordant le monde des stupéfiants. A-t-il atteint son but ?
C’est un sujet tabou. Il faut parfois oser. La drogue est une thématique à part entière dans le
feuilleton.
Elle touche certaines couches sociales et là nous avons voulu dénoncer ce fléau qui envahit
certains jeunes avec la même importance des thèmes comme la violence, le mal, la haine ou
l’amour. C’est un univers glauque fait de souffrances.
Le drogué est souvent un malade, un délinquant, très malheureux qui se fait exploiter et
qui finit son parcours par la mort ou la prison. Et Maktoub a voulu montrer les méfaits de la drogue et
il apporte une solution à certains fléaux qui menacent notre société.
• Dans Maktoub, on dirait que vous débarquez tous d’une autre planète, une microsociété
différente…
Non, c’est faux. Je ne partage pas votre idée. Tout ce qui a été fait et évoqué dans Maktoub relate
le vécu et le quotidien des Tunisiens.
Ce sont des images réelles de notre société bien relatées
par des jeunes acteurs. Et là réside tout le mérite de Sami Fehri qui, pour la première fois, ose traiter de ces tabous
• Finalement qu’est-ce que tu as appris de cette collaboration avec Sami Fehri ?
Que le Tunisien est compétent et que les talents ne manquent pas dans notre pays et “Maktoub”
constitue une fierté pour nous tous car elle ouvrira de nouveaux horizons pour nous et pour la production télévisuelle.
• Une satisfaction après ces trente épisodes ?
Toute notre équipe est satisfaite du travail présenté.
Nous recevons quotidiennement des félicitations qui attestent de la bonne qualité de notre feuilleton. Le public a adhéré car tout ce qui a été dit cela le touche de près.
• Ton avis sur les autres feuilletons ramadanesques ?
Je n’ai pas eu l’occasion de voir tous ces feuilletons.
Mais j’étais impressionné par le travail d’Ali Mansour dans “Said Errim” et le jeu d’acteur de Fethi Hadaoui
• Des projets ?
Nous continuerons notre feuilleton avec trente autres épisodes et nous commençons le tournage
juste après ramadan
Kamel Bouaouina





